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Dossiers Documentaires |
| L'ART PALEOLITHIQUE |
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Techniques et expressions de l'Art paléolithique
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Les techniques de l'art paléolithique
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Peinture, gravure, sculpture et modelage sont connus dès les premières
manifestations artistiques, c'est-à-dire dès l'Aurignacien.
Chacune représente une méthode artistique particulière
: l'ajout dans le cas de la peinture, l'évidement pour la gravure,
le façonnage pour le modelage et la sculpture.
Ces techniques sont complémentaires c'est-à-dire qu'une
manifestation artistique peut combiner, par exemple, sculpture et peinture.
Il est également fréquent de remarquer un effet de combinaison
entre le support rocheux (paroi de la grotte) et le témoin artistique.
L'artiste s'aide alors des convexités de la paroi afin de donner
de l'ampleur et du relief à ses représentations.
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La peinture
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Il s'agit d'une technique artistique par addition. En effet, on ajoute
un pigment à un support. Les supports privilégiés
sont les parois des grottes, plus rarement celles des abris-sous-roches.
Bien que connue, la peinture sur support mobilier est assez rare, mais
il faudrait s'interroger sur sa conservation dans le temps.
La palette de couleur des paléolithiques est évidemment
étroitement liée à la capacité des matières
premières à fournir un pigment.
Le rouge et le noir, et leurs variantes, sont les couleurs les plus
fréquemment utilisées. La couleur blanche bien qu'existante
à l'état de pigment n'a quant à elle jamais été
utilisée. Les couleurs naturelles des parois sont également
mises à profit par les peintres du paléolithique (par
exemple : les écailles de calcites tombées). Parmi les
colorants citons l'ocre (jaune), le charbon de bois (noir), l'argile
(rouge).
Deux techniques de peinture prédominent : la peinture au pinceau
et celle au soufflet, ou crachat.
Le pinceau peut être réalisé avec des poils ou
du crin d'animal ou à partir de matières premières
végétales. Les doigts peuvent également faire office
de pinceau.
La technique du soufflet est employée afin de remplir des surfaces.
Un pochoir sert alors à leur délimitation. La peinture
est expulsée contre le support soit directement par la bouche,
soit à l'aide d'un "outil" creux, tel un roseau ou
un os. Pour le remplissage des surfaces, l'artiste a également
pu utiliser le procédé de badigeonnage. Dans ce cas, peau
ou fourrure animale emmanchée font office de badigeon.
Jusqu'au Magdalénien, l'art pariétal est essentiellement
monochrome, composé de tons rougeâtres ou noirâtres.
Puis il devient polychrome.
Il est intéressant de remarquer également la capacité
des artistes paléolithiques à tenir compte du relief des
parois. Une peinture pariétale visualisée de l'endroit
de réalisation apparaîtra déformée en fonction
du relief de la paroi. Les peintres du paléolithique ont été
capables de projeter dans leur réalisation la déformation
nécessaire afin d'obtenir le meilleur rendu de forme, non pas
à partir de l'emplacement de création, mais à partir
d'un emplacement potentiel d'observation.
Ainsi les peintures pariétales apparaissent déformées
de la place du peintre et normales de la place des visiteurs, d'où
leur très grande capacité à respecter les champs
de vision.
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La gravure
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Sans doute s'agit-il de la technique la plus résistante à
l'usure du temps. Les outils employés pour la gravure sont réalisés
à partir de matière première lithique (burins,
lames, éclats...). Les supports quant à eux sont de nature
plus variée. Il peut s'agit de parois de grottes, de plaquettes
d'argile ou de roches plus dures, de bois ou d'os. La forme et la profondeur
de l'incision réalisée par le graveur sur son support
dépend de plusieurs facteurs, tout d'abord de l'outil employé,
mais aussi de la technique propre au graveur (force appliquée
sur son burin, angle d'inclinaison...).
La lecture des témoins artistiques paléolithiques gravés
n'est pas des plus aisées. Seul l'oeil expert parvient à
isoler les figurations parmi un désordre général
de formes et de traits. Dans certains cas les archéologues sont
amenés à réaliser de véritables cartographies
analytiques des parois des grottes ou abris-sous-roche.
La gravure des parois rocheuses n'est pas un phénomène
réservé aux grottes. Cette expression se retrouve aussi
en plein air, notamment au Portugal et en Espagne.
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La sculpture
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Contrairement à la gravure où seul un trait est mis en
relief par incision, la sculpture met quant à elle en relief
un volume, de manière positive (bombement) ou négative
(creusement). Elle apparait sur des supports mobiliers au début
du Paléolithique supérieur et gagne les supports pariétaux
au Solutréen.
On appelle traitement en "ronde-bosse" le traitement dans
les trois dimensions du modèle. Cette technique permet alors
un maintien des volumes du sujet tout en permettant une diminution de
ses dimensions. L'objet fini est ainsi manipulable et transportable.
Généralement les paléolithiques se sont aidés
des reliefs préexistants sur les supports et y ont adapté
leurs représentations.
Les supports utilisés sont divers et variés. On oppose
toujours le groupe pariétal au groupe mobilier. Ce dernier est
formé, entre autres, de supports rocheux (argile, calcaire, grès,
marne) et de bois d'origine animale. L'émail est un support privilégié
se prêtant fort bien à cette expression artistique. Des
témoins utilitaires, tels des manches de propulseurs, et des
supports non utilitaires ont été sculptés.
Les objets représentés sont eux-aussi divers. Les plus
connus sont sans doute les statuettes féminines (Vénus)
que l'on rencontrera, au Gravettien, de l'Atlantique à l'Oural,
formant sans doute la première unité artistique européenne.
Nombreuses sont également les représentations animales.
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Le modelage
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C'est à partir d'un support malléable, comme l'argile,
que se pratique le modelage.
Connu dès le Gravettien, son optimum est contemporain du Magdalénien.
Le modelage consiste à faire naitre d'un support malléable
une forme animale ou humaine. Ces supports sont ensuite cuits afin de
leur conférer une certaine résistance.
Les représentations peuvent être aussi bien des Vénus
que des représentations animales. Des plaquettes d'argiles modelées,
sans forme évidente, sont également fréquemment
mises à jour.
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Les expressions artistiques
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Seuls les témoins archéologiques non périssables
peuvent bien entendu être interprétés. La réalité
paléolithique devait être sans doute beaucoup plus variée.
On peut facilement penser que les matières premières ligneuses
servaient fréquement de supports, de même que les peaux d'animaux
ainsi que les corps des paléolithiques (la peinture corporelle
est une pratique courante mise en évidence dans les dernières
tribus primitives).
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L'art pariétal
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Par définition l'art pariétal s'applique, entre autre,
aux parois des grottes. Sa diffusion dépend donc à la
fois de sa distribution géographique et de la volonté
artistique des peintres. Ce n'est pas parce qu'il y a une grotte qu'elle
sera forcément ornée.
Les Pyrénées, l'Aquitaine, l'Ardèche et les Cantabres
sont des hauts-lieux de l'art pariétal paléolithique.
En Europe de l'Est, l'art pariétal a été pratiqué
dans le Sud de l'Oural.
Mais les parois des grottes ou abris sous roche ne sont pas les seules
ornées. Un art pariétal de plein air a également<
été mis à jour en Espagne, au Portugal et en Italie
du Sud.
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Les statuettes
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Réalisées par la technique de la "ronde-bosse",
ces statuettes apparaissent dès l'Aurignacien. Dans un premier
temps il s'agit essentiellement de représentations animales (zoomorphes
chez les savants), les représentations anthropomorphes restant
rares. Le bestiaire est alors souvent composé de la grande faune
contemporaine (rappelons que nous sommes en Interpléniglaciaire)
: mammouth et cheval.
Au Gravettien la situation change radicalement. On assiste à
une production standardisée de statuettes anthropomorphes féminines
stéréotypées : ces fameuses Vénus paléolithiques.
Partout en Europe, d'Ouest en Est, de l'Atlantique à l'Oural,
on retrouve ces caractéristiques : hanches larges, seins pendants,
visage lisse et formes amples. Deux exceptions confirment la règle
quant à la non-représentation des traits du visage :
- Dolni Vestonice en Moravie
- la "Dame à la capuche" de Brassempouy
Ces Vénus sont accompagnées d'un cortège de statuettes
zoomorphes basé plus ou moins sur l'association mammouth, félins
et ours.
Enfin une troisième étape s'individualise au Madgalénien
(Epigravettien de l'Europe de l'Est) avec la production de statuettes
stylisées à forte charge symbolique. Les représentations
féminines se limitent alors à la mise en relief de l'exubérance
des fesses et deux petites proéminences symbolisent les seins.
Le reste de la statue étant plat et sans motif. La tête
n'est plus représentée.
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Les plaquettes et les galets
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A été représenté sur ces deux types de
supports un bestiaire très large où prédominent
généralement les mammouths et les chevaux. Un site exceptionnel
par sa richesse en plaquettes ornées est sans conteste celui
de Gönnersdorf en Allemagne.
Sur quelques rares plaquettes apparaissent des caricatures humaines.
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Les objets utilitaires
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Nombre d'objets utilitaires ont servi de support à l'art paléolithique.
Les propulseurs sont ornés de représentations animales
de qualité exceptionnelle. Les bâtons percés fréquents
au Paléolithique supérieur et dont l'usage est encore
aujourd'hui débattu (redressement du corps des sagaies) sont
eux aussi fréquemment décorés.
A l'Est (plaine ukrainienne), aux représentations animales, s'ajoutent
des décors géométriques. Gravés ou parfois
peints ils représentent des réseaux de lignes géométriques
complexes formant des champs de "V" ou de "X". Le
but de ces décorations est lui aussi encore débattu : s'agit-il
de l'expression d'une individualisation d'un groupe, d'un rapprochement
ethnique ou d'une sacralisation tribale ?
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Bibliographie
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- Z.A. ABRAMOVA (1995) : L'art paléolithique d'Europe orientale
et de Sibérie, Coll. L'homme des Origines, Ed. J. Millon,
Grenoble.
- G. BOSINSKI, G. FISCHER (1974) : Die Menschendarstellungen von
Gönnersdorf der Ausgrabung von 1968, Wiesbaden, Ed. F. Steiner.
- H. DELPORTE (Dir.) (1995) : La Dame de Brassempouy, Actes du
Colloque de Brassempouy (juillet 1994), ERAUL 74, Liège.
- F. DJINDJIAN, J. KOSLOWSKI, M. OTTE (1999) : Le paléolithique
supérieur en Europe, coll. U Histoire, Armand Collin, Paris.
- Fiche supplément du N°347 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (I).
- Fiche supplément du N°347 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (II).
- Fiche supplément du N°347 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (III).
- Fiche supplément du N°349 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (IX).
- Fiche supplément du N°349 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (X).
- Fiche supplément du N°349 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (XI).
- Fiche supplément du N°349 d'Archéologia : L'art
paléolithique en Europe (XII).
- M.D. GVOSDOVER (1995) : Art of the Mammoth Hunters. The Finds of
Avdeevo. Oxford, Oxbow Monograph 49.
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